Une annonce publiée attend les candidats. Le sourcing va les chercher. Sur les métiers
en tension (data, développement, cybersécurité, produit), la différence est décisive : les meilleurs
profils sont en poste ou en mission, et ne liront jamais votre annonce.
Ce guide pose une méthode en six étapes, applicable à un recrutement salarié comme à la
recherche d'un freelance, puis détaille ce qui change quand on source des indépendants.
Sourcing en recrutement : la définition opérationnelle
Le sourcing est l'ensemble des actions qui permettent d'identifier, qualifier et approcher des candidats correspondant à un besoin, avant ou indépendamment de leur candidature. Il se distingue
de deux pratiques voisines :
- La diffusion d'annonces, qui attire des candidatures entrantes. Le sourcing
complète l'annonce, il ne la remplace pas.
- La chasse de têtes, qui est une forme de sourcing ciblée sur des profils
rares ou seniors, souvent confiée à un cabinet.
On parle aussi de sourcing passif (constituer un vivier en continu, sans besoin
immédiat) et de sourcing actif (chercher pour un poste ouvert). Les deux se nourrissent
: un vivier bien tenu raccourcit chaque sourcing actif.
Sourcing et recrutement : où commence l'un, où s'arrête l'autre
| Étape | Sourcing | Recrutement |
|---|
| Définir le besoin | Traduit le besoin en critères de recherche | Valide le poste, le budget et le processus |
| Trouver les profils | Cœur du sourcing | Reçoit aussi les candidatures entrantes |
| Approcher | Premier message, premier échange | Non concerné |
| Évaluer | Présélection sur critères objectifs | Entretiens, tests, références |
| Décider et intégrer | Non concerné | Offre, négociation, onboarding |
La méthode en 6 étapes
1. Transformer le besoin en critères de recherche
Un intitulé de poste ne se recherche pas bien. Décomposez-le en critères observables : métier (et ses synonymes), compétences indispensables (deux ou
trois, pas dix), séniorité, localisation et mode de travail, dates (prise de poste, durée de mission). Séparez ce qui est éliminatoire de ce qui
est souhaitable : c'est ce qui rendra la présélection rapide.
2. Choisir les sources selon le profil
- Réseaux professionnels : la base la plus large pour les profils en poste.
- CVthèques des job boards : utiles pour les profils en recherche active, moins
pour les profils rares.
- Plateformes freelance (Malt, Free-Work, Collective) : incontournables pour les
indépendants, avec TJM et disponibilité parfois affichés.
- Communautés techniques : dépôts de code, conférences, meetups, newsletters spécialisées.
- Votre propre vivier : les anciens candidats et freelances déjà qualifiés, souvent
la source la plus rentable et la plus négligée.
3. Écrire des requêtes booléennes
Les opérateurs AND, OR, NOT, les guillemets et les
parenthèses fonctionnent dans la plupart des moteurs de recherche et des outils de recrutement.
Exemple pour un data engineer à Lyon, sur le web public :
("data engineer" OR "ingénieur data") AND (spark OR dbt) AND lyon -offre -emploi
Commencez large, puis resserrez en ajoutant une compétence à la fois. Gardez vos requêtes :
elles se réutilisent à chaque nouveau besoin du même métier.
4. Qualifier avant d'approcher
Vérifiez les critères éliminatoires sur la source elle-même : intitulé actuel, compétences
démontrées (projets, missions), localisation. Notez d'où vient chaque information et quand vous l'avez vue. Un profil qualifié sur des informations de deux ans n'est pas qualifié.
5. Approcher avec un message spécifique
Un bon message de sourcing tient en quatre lignes : pourquoi cette personne, quel est le besoin
concret, ce qui le rend intéressant pour elle, et une question simple. Citez un élément réel de
son parcours. Les messages génériques envoyés à 300 profils ont des taux de réponse qui
découragent toute l'équipe.
6. Alimenter le vivier, même quand ça ne colle pas
Un profil « pas maintenant » est un profil pour le prochain besoin. Enregistrez-le avec ses
compétences, sa disponibilité annoncée et la date de l'échange. Le vivier de candidats est ce qui transforme le sourcing d'une
course permanente en actif cumulatif.
Sourcer des freelances : ce qui change
Le sourcing de freelances suit la même méthode, avec quatre différences qui comptent :
- La disponibilité est le premier critère. Un excellent profil en mission jusqu'en
juin ne sert à rien pour un besoin qui démarre lundi. Datez chaque disponibilité.
- Le TJM remplace le salaire. Il varie selon la mission, la durée et le mode de
travail. Un TJM affiché sur une plateforme est une indication ; un TJM deviné n'en est pas une.
Laissez-le « inconnu » tant qu'il n'est pas publié ou confirmé.
- Les plateformes ont leurs règles. Sourcez avec votre propre compte, en respectant
leurs conditions d'utilisation, et gardez l'URL exacte du profil.
- Le besoin vient souvent d'ailleurs. Pour un recruteur indépendant, une ESN ou
un apporteur d'affaires, le besoin est celui d'un client. Les entreprises qui recrutent un poste
en CDI sont souvent ouvertes à une mission de transition.
C'est exactement ce que fait le sourcing freelance de Lead Scorer : il relie les entreprises qui recrutent un poste, offres vérifiées à l'appui, aux freelances de
votre vivier qui savent le tenir, avec un référentiel commun de métiers et de compétences, et un TJM
et une disponibilité datés pour chaque profil.
Les indicateurs du sourcing
| Indicateur | Ce qu'il mesure | Si il est mauvais |
|---|
| Taux de réponse aux approches | La pertinence du ciblage et du message | Resserrer les critères, personnaliser davantage |
| Profils présentés / retenus en entretien | La qualité de la présélection | Revoir les critères éliminatoires avec le manager |
| Délai jusqu'à la shortlist | La vitesse du processus | Investir dans le vivier et les requêtes réutilisables |
| Part des embauches issues du sourcing | Le poids du sourcing face aux candidatures entrantes | Déplacer du temps de la diffusion vers la recherche |
Sourcing et RGPD
Sourcer, c'est traiter des données personnelles que la personne ne vous a pas transmises
elle-même. Trois réflexes : limitez-vous aux informations professionnelles utiles au besoin,
informez la personne au plus tard lors du premier contact (article 14 du RGPD), et fixez une
durée de conservation. Le référentiel de la CNIL sur la gestion du recrutement est la bonne base
de travail ; faites valider votre pratique par votre conseil.